La sortie , c'est par là ! La sortie , c'est par là !

Benelli Bol d'Or

Benelli 6 cylindres

Sur la grille de départ du Bol d'Or , les Benelli Sei ne passaient pas inaperçues ! EIles étaient sans doute les plus osées techniquement , mais les plus lentes par les performances . Comme tout le monde j'avais vu les Benelli au dernier Bol d'Or . J'avais été impressionné par l'audace technique de la conception mais aussi par la médiocrité des performances . Les Benelli 6 cylindres engagées par Motobécane étaient les moins conventionnelles mais aussi les plus lentes . Ce décalage s'expliquait difficilement . Il apparaissait inconcevable qu'une maison comme Motobécane débloque un budget important sur une seule opération comme le Bol d'Or , pour un résultat aussi peu probant . Les 24 heures furent pour la Benelli survivante ( la première fut éliminée sur chute en début de course ) : un véritable chemin de croix . La moto n'était visiblement pas prête pour affronter une telle épreuve . A postériori on peut se demander si Motobécane n'aurait pas mieux fait de s'abstenir . Là , deux thèses s'opposent . L'essentiel en compétition , répète-t-on souvent , est de participer . Partant de ce principe , le Bol d'Or 1977 doit être considéré comme une séance d'essais . La moto était beaucoup trop nouvelle pour pouvoir espérer arriver à bon port , sans ennuis . Le meilleur entrainement c'est la course et l'expérience 1977 servira à toute l'équipe Moch pour la prochaine saison . On ne peut pas comparer la participation de Honda et de Motobécane . Les uns travaillent à court terme , les autres à une échéance beaucoup plus éloignée . Quoiqu'il en soit la tentative de Motobécane n'aura pas été vaine . Le programme d'endurance doit se prolonger sur un minimum de trois ans , attendons donc un peu pour porter un jugement définitif sur cette réalisation . Afin de connaître un peu mieux cette machine j'ai fait part à Motobécane de mon désir d'en faire l'essai . Désir exaucé car dès la fin du Salon de Paris , rendez-vous fut pris à Folembray . Il fait un soleil splendide dans ce beau département du Nord de la France . Les grandes forêts qui sont la fierté de l'Aisne se couvrent de teintes magnifiques . L'automne est bien là et la nature toute entière savoure les derniers bienfaits des rayons du soleil . Mais nous ne sommes pas là pour nous laisser aller à la mélancolie mais pour prendre contact avec la Benelli du Bol d'Or . Le circuit de Folembray , véritable tourniquet , se prête assez mal à l'essai d'une telle machine . Il n'est guère possible de la juger complètement car les vitesses atteintes ne sont pas élevées . Par contre il est tout à fait concevable de se faire une idée précise de ses caractéristiques de base , bref de voir si l'ensemble est sain . Et puis Folembray c'est à une portée de fusil des ateliers des frères Moch , responsables du programme Motobécane endurance . Voilà pourquoi ce circuit fut retenu en priorité . La galette surélevée et aménagée renferme la précieuse machine . Pour plus de sécurité elle est transportée déshabillée . Cela permet d'éviter les chocs dans le transport et de faire la dernière mise au point sur le circuit . Sans son carénage la Benelli 6 est une véritable usine à gaz . Son aspect est insolite . D'abord le réservoir se trouve placé sous le moteur et fait office de coque porteuse . De là , à l'avant et à l'arrière , nous trouvons une structure tubulaire portant les suspensions . Thierry Espié en course au Bol d'Or : une chute a malheureusement éliminé cette moto qui était la mieux préparée des deux engagées pour l'épreuve . L'ensemble peut être démonté très rapidement et la complexité du tout n'est qu'apparente . Malgré tout , un 6 cylindres est plus compliqué qu'un monocylindre en raison de la multiplication des pièces . Il y a 6 carburateurs , 6 échappements et une forêt de câbles et de fils de toutes sortes . La moto ne fait pas très longue . Ce n'est qu'une apparence car elle fait 50 mm de plus qu'une 750 Benelli d'origine . Cette impression est due à la position assez haute du moteur , rendue nécessaire par la largeur imposante du bloc . Une fois munie de son carénage la Benelli est une toute autre machine . Cette peau en Kevlar se fixe rapidement à l'aide de Dzus . Elle se compose de trois pièces : la selle , le capotage et le carénage très enveloppant . L'aspect de la Benelli est inhabituel , ce qui ne veut pas dire insolite . Les lignes sont rondes et malgré son encombrement , son aérodynamisme est excellent . Denis Boulom qui la pilota au dernier Bol d'Or se charge d'effectuer les premiers tours pour vérifier si tout fonctionne correctement . De légères modifications ont été apportées depuis le Bol et cet essai permet de faire d'une pierre deux coups . Dans le grand silence matinal le bruit de la Benelli est déchirant . Les six tubes de 1520 mm de long laissent entendre une mélodie envoûtante . Le moteur prend ses tours facilement . Ouelques coups de gaz pour lui éclaircir la voix et mon tour est venu . D'abord s'installer . Pour moi c'est toujours un grave problème car peu de motos sont à ma taille . Mes 186 cm ont invariablement du mal à se caser , mais maintenant je me suis fait une raison . Mes jambes sont recroquevillées à cause de la faible distance entre la selle et les repose-pieds . Ceux-ci sont très haut placés pour ne pas toucher en courbe . En plus ils sont rognés au maximum pour la même raison . La largeur au niveau du bras arrière est très importante , plus que sur une moto de course classique et ceci explique cela . Par contre il faut bien tendre les bras pour se saisir du petit guidon aux bracelets inclinés et très rapprochés . Au niveau de la position quelque chose est à revoir car tout le poids du corps repose sur les bras et cela est fatigant à la longue . Mais avec le nouveau système de direction tout devrait rentrer dans l'ordre . Tant bien que mal je me case . Le contact général et la mise en marche de la pompe à essence électrique se fait à l'aide de deux boutons placés sur le dessus du carénage . Un des nombreux arrêts au stand . C'est sans doute ce qui marqua le plus cette première participation de Benelli au Bol d'Or . Avant de partir il faut attendre que le tic-tic de la pompe s'arrête , preuve que le petit résérvoir auxiliaire est plein . Moteur froid il faut mettre le starter qui commande les 6 carburateurs par un palonnier . Le moteur démarre souvent à la première sollicitation après une poussée énergique . Je suis tout de suite frappé par le peu d'inertie de ce moteur . Il faut maintenir le régime au-dessus de 3000 tr/mn pour ne pas caler . Si accidentellement cela arrive il faut tout reprendre à zéro . Même sans habitude tout se passe bien . Pourtant au départ il faut faire attention de ne pas embrayer avec un régime trop élevé car l'embrayage n'apprécie guère . Les montées en régime sont très rapides . Le bruit devient vite envoûtant car il est amplifié par le carénage . En fermant les yeux je crois me trouver au guidon d'une Honda 6 . Mais si le ramage est là , on se rend très vite compte que la puissance est faible . Le moteur accepte difficilement de dépasser 8500 tr/mn ce qui est peu compte tenu de sa faible cylindrée unitaire . Les accélérations sont très progressives mais manquent singulièrement de punch . On n'a pas l'impression de piloter une machine de course mais une moto de tourisme . Le fait de tourner la poignée des gaz vigoureusement ne modifie en rien le caractère lymphatique de cette mécanique . Il faut se faire bien vite une raison : les chevaux ne sont pas au rendez-vous . Maintenant je comprends pourquoi les Benelli tournaient si lentement au Bol d'Or . De toute évidence la puissance annoncée , 95 chevaux , n'est pas là . De l'avis unanime le 1000 développe 70 chevaux environs . Chiffre plus en rapport avec les performances . En regard de cela la souplesse est excellente . Il est possible de repartir dès les plus bas régimes . Ce moteur possède le caractère d'un moteur électrique , ce qui résume tout . La prise en mains de cette moto se fait aisément . Malgré ses dimensions imposantes elle se manie facilement . Dans les épingles pourtant l'empattement long et le centre de gravité haut placé font que la machine est imprécise sur sa trajectoire et donne l'impression de tomber toute seule . Mais cela est un cas limite et je ne pense pas qu'un circuit d'endurance possède une épingle type Folembray . Par contre la tenue de route en courbe est bonne . Véritable chef d'oeuvre : le système d'échappement spaghetti qui comporte 6 tubes d'égale longueur ( 1,52 m ) débouchant symétriquement de part et d'autre du moteur . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . Véritable chef d'oeuvre : le système d'échappement spaghetti qui comporte 6 tubes d'égale longueur ( 1,52 m ) débouchant symétriquement de part et d'autre du moteur . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . La moto s'inscrit convenablement dans les courbes de la remontée et ne bouge pas de sa trajectoire . Il faut cependant la basculer sèchement et bien la placer car il est relativement difficile de modifier la trajectoire . Cela est surtout très net dans le esse se situant avant la descente . Quoiqu'il en soit la partie-cycle de la Benelli inspire toute confiance . La rigidité n'est pas prise en défaut . A ce sujet il convient de préciser que seule une mécanique de plus de 100 chevaux permettrait de la tester sérieusement et de la situer . Les théories de Moch sont bonnes et en particulier j'ai apprécié le guidage et l'efficacité des suspensions . Malgré les 140 mm de débattement à l'arrière , la moto ne se déleste pas et réagit comme si elle possédait un système anti-plongée . Les freins sont très efficaces . Le freinage est assuré comme sur la majorité des motos d'endurance actuelles par des Brembo à l'avant comme à l'arrière . Sur la Benelli cependant la poignée est douce et spongieuse car le maître-cylindre utilisé est prévu pour un simple disque et non pour un double , cela en connaissance de cause . J'ai longuement tourné à Folembray avec la Benelli . Après quelques tours seulement , j'étais parfaitement en confiance . Pourtant j'ai dû rapidement m'arrêter car j'étais en nage , non pas à cause de la dépense physique mais de la chaleur régnant dans ce qu'on peut appeler l'habitacle . L'air passant à travers le radiateur d'huile est dirigé directement sur le haut du corps et les tubes d'échappement débouchent sur les jambes du pilote . C'est pourquoi j'ai préféré continuer l'essai sans carénage , ne voulant pas poursuivre plus avant cette séance de sauna . Fondamentalement la partie-cycle de la Motobécane d'endurance est saine . Passons au châssis . Celui-ci est composé d'une poutre porteuse inférieure en aluminium riveté . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . Passons au châssis . Celui-ci est composé d'une poutre porteuse inférieure en aluminium riveté . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . Les frères Moch sont des garçons sérieux et on peut leur faire confiance . Ils possèdent des idées et les appliquent à bon escient . Ils ne font pas partie de ces petits génies qui réinventent le monde à chaque coup de crayon . Malheureusement s'ils bénéficient de crédits pour mettre en application leurs théories ils sont en revanche prisonniers des choix mécaniques . Pour des raisons commerciales évidentes ils ne peuvent utiliser que des moteurs Benelli et cela représente au départ un handicap insurmontable . Il serait dommage que l'ensemble de leur moto fasse les frais de l'opération et souhaitons qu'ils puissent à moyen terme disposer d'une mécanique compétitive .

Les dessous de la Benelli

Les tubes d'échappement forment ce que des confrères Italiens ont nommé un horrible plat de sphagettis . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . Les tubes d'échappement forment ce que des confrères Italiens ont nommé un horrible plat de sphagettis . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . Philippe Moch , maître d'oeuvre de ce programme , avait réalisé auparavant des bassets à base de Kawasaki . C'est également lui qui avait mené à bien une série de tentatives de records pour Kawasaki , toujours en catégorie side-car . On lui doit également un projet de " cigare " destiné à battre le record de vitesse absolu , projet en sommeil pour l'instant mais qui n'est pas abandonné pour autant . Dans le domaine automobile , Philippe Moch a réalisé pour le compte de la Régie Renault la carrosserie de la voiture de Formule 1 et il compte dans son équipe des collaborateurs ayant travaillé soit pour la Formule 1 Renault , soit pour Ligier ou pour la Société Française de Propulsion au niveau des moteurs Matra F1 . L'expérience de cette équipe dans le domaine automobile transparaît tant en ce qui concerne la conception que la réalisation des protos Motobécane . Le moteur est passé dans les mains du motoriste de l'équipe , Alain Pageot , tandis que Gérard Montel s'occupait de tous les usinages spéciaux . La cylindrée a été portée à 1000 cm3 par augmentation de l'alésage ; pistons spéciaux , culasses retouchées au niveau des chambres pour recevoir des soupapes de Matra V12 , arbres à cames légèrement retouchés . Mais faute de temps les arbres à cames et les soupapes sont restés de série . Le vilebrequin a été équilibré dynamiquement , les bielles polies , la transmission primaire renforcée ; le système de la chaîne Hyvo a été conservé . Par contre , la boîte de vitesses a été entièrement refaite et l'embrayage à sec est un Yamaha 700 TZ adapté . Le circuit de graissage modifié comprend deux pompes à huile alimentant deux circuits distincts . Un circuit de refroidissement fonctionnant en basse pression et faisant circuler l'huile . Ce circuit comporte un radiateur frontal incorporé . Un circuit de graissage proprement dit , haute pression ( 5 bars ) , assurant la lubrification du moteur et de la boîte . Allumage du type électronique à distributeur tandis que l'alimentation est assurée par six carburateurs Dell'Orto de 26 mm commandés par un palonnier maison . Véritable chef d'reuvre : le système d'échappement " spaghetti " qui comporte 6 tubes d'égale longueur ( 1,52 m ) débouchant symétriquement de part et d'autre du moteur . L'alternateur , un Marchal type automobile , est entraîné par une courroie crantée . Au stade actuel de son évolution le groupe Benelli développe 75 ch au banc à 9000 tr/mn et son couple maxi se situe à 8000 tr/mn . Passons au châssis . Celui-ci est composé d'une poutre porteuse inférieure en aluminium riveté . L'aspect usine à gaz de la Benelli est indéniable . Le poste de pilotage vu ici est celui de la première version . Désormais , il s'agit d'une potence fixée sur l'axe de la colonne de direction . Les deux parties en treillis sont reliées entre elles par cet unique tube . Cette poutre forme réservoir d'essence et comporte trois cloisons intérieures : deux assez rapprochées à l'avant , une vers l'arrière , pour éviter des mouvements trop importants du carburant lors des accélérations et décélérations . L'ancrage du moteur et la fixation du bras oscillant sont réalisés à l'aide de structure treillis en tubes d'acier 25 CD 4S . Le châssis nu pèse 7 kg . Le bras arrière oscillant est réalisé en mécano soudure à l'aide de tôles de 12/10 dixièmes . L'axe arrière est monté sur des roulements et butées à aiguilles . La couronne arrière et le disque de frein sont montés de part et d'autre du bras et la roue , montée en porte-à-faux , est fixée par un axe central et positionnée par des tocs d'entraînement . La tension de chaîne secondaire est desmodromique : un pignon fou , monté sur un bras et commandé par une biellette solidaire du bras oscillant ; il n'y a pas de ressort de rappel . La colonne de direction est solidaire d'une structure treillis ancrée sur le moteur . Fourche télescopique Cériani . Une suspension à bras unique était prévue mais faute de temps ... Double disque avant . Le freinage est assuré par deux Brembo de 300 mm de diamètre . A noter les jantes à voile plein plus légères de 15% qu'une jante en alliage conventionnelle . Il s'agit de disques d'origine Guzzi Le Mans . Etriers Brembo . Le freinage est classique au niveau des commandes , un freinage intégral style Guzzi était prévu mais là encore le temps a fait défaut . Il faut dire que ce projet a démarré le 1 mars 1977 et six mois , pour un tel programme , c'est la course perpétuelle contre la montre . Les roues sont dues à Dominique Michel ; l'influence du programme concernant le véhicule du record absolu de vitesse se fait sentir car il s'agit de roues pleines réalisées en trois parties : le moyeu , le flasque avec une demi-jante , la seconde demi-jante . L'ensemble des éléments est boulonné . Réalisées en tôle d'aluminium repoussée et anodisée , ces roues pèsent 15 % de moins que toutes les roues en alliage coulé existantes . Pour des questions de facilité d'approvisionnement en pneumatiques , la dimension standard de 18 pouces a été choisie . Le carénage est réalisé en Kevlar Epoxy et l'ensemble carénage-capot-moteur-selle-dosseret ne pèse que 4 kg avec les fixations .

L'homme de la Benelli : Philippe Moch

Moch est bien connu de tous les habitués de la vitesse . D'abord side-cariste il participe avec succès à de nombreuses compétitions . Et puis il est tenaillé par la recordite . Il bat avec différents attelages plusieurs records de France et du monde . Son rêve avoué est de battre un jour le record du monde de vitesse sur deux roues . Mais en attendant il faut vivre . D'abord il se décentralise . La largeur importante du bloc moteur a nécessité de le placer très haut . Malgré ce centre de gravité haut situé la moto est maniable . Il quitte Sucy-en-Brie pour Chavignon , un petit pays de l'Aisne situé entre Soissons et Laon . Là dans une ancienne ferme , loin de toute pollution , il dispose d'ateliers très bien équipés pour le travail du polyester et l'usinage . Ses talents sont réels et reconnus car il est chargé de la fabrication de la carrosserie de la Renault de Formule 1 et aussi , preuve de sa polyvalence , de la fabrication de prototypes Benelli pour les courses d'endurance . Comment en es-tu venu à préparer des motos pour le Bol d'Or ? Cela s'est fait vraiment par hasard . Motobécane cherchait à faire quelque chose . Au dernier Salon de la moto de course à la Bastille j'ai rencontré Denis Bacholle que je connaissais de l'époque où je faisais du side-car et qui lui-même , était très intéressé par les trois-roues . On remarque ici très bien la coque porteuse , l'orifice de remplissage rapide et l'embrayage à sec provenant d'une 750 Yamaha . Tout d'abord je ne l'ai pas reconnu et puis nous en sommes venus à parler . II fut d'abord question de l'étude d'une moto de tourisme pour Motobecane . Mais à Pantin on n'était pas tellement d'accord pour la poursuite d'un tel projet . De là nous en sommes venus à parler du Bol d'Or . Quelles sont tes relations avec Motobécane ? D'abord excellentes . Motobecane a debloqué un budget pour la construction de deux motos . Leur but n'était pas de gagner mais d'expérimenter un certain nombre de solutions et tout de même de finir dans les 10 premiers . Pourquoi le moteur Benelli a-t-il été retenu ? Il s'agit d'impératifs commerciaux . Motobécane importe Guzzi et Benelli . Guzzi étant représenté au Bol par des concessionnaires il fallait promouvoir Benelli qui ne se vend pas très bien . A partir de ce moteur il fallait tout créer et tout construire . La couronne et le disque de frein arrière se trouvent du même côté . Cela permet de bénéficier au maximum des avantages du bras unique . Il nous a fallu 4 mois et demi pour tout fabriquer . Nous avons travaillé sans relâche d'autant que nous n'avons pas choisi la solution de facilité . Les essais prévus au mois d'août n'ont pu se faire qu'à l'occasion du Bol . Les machines étaient pratiquement neuves et souffraient de maladies de jeunesse . La première fut terminée fin août et la seconde quelques jours avant la course . Que penses-tu de ce choix ? Ce n'est pas le meilleur de tout évidence mais il faut faire avec . Le moteur Benelli n'est pas conçu pour la course . De plus sa technologie n'est pas excellente et il souffre de nombreux défauts de conception . Les arbres à cames ont tendance à gripper , à cause de mauvais usinages de paliers de culasse . Le moteur du Bol est très près de celui d'origine hormis l'accroissement de cylindrée et les 6 carburateurs de 26 mm de diamètre . Faute de temps nous n'avons pu réaliser l'ensemble du programme . Vous avez donc tout réalisé de A à Z ? Oui et cela nous a posé un certain nombre de problèmes . Nous avons travaillé pratiquement jour et nuit et cela relève du sacerdoce . Toutes les expériences sont utiles . On a parlé des Benelli au Bol d'Or , pas toujours en bien il faut en convenir . Les critiques sont en partie justifiées mais il faut connaitre toutes les données du problème avant de porter un jugement définitif . N'était-il pas prématuré de sortir une telle machine dès cette année ? Oui car la réputation de Motobécane n'est pas excellente au niveau de la compétition , mais il faut préciser que nous avons agi en tant que sous-traitant et que 1977 s'inscrit dans un programme s'étalant sur plusieurs années . Pour 1978 nous allons conserver le même moteur car nous y sommes contraints . La Benelli dans sa première version présentée par Michel Baloche . Par contre la partie-cycle va évoluer et notre machine sera dotée d'un moyeu directionnel . Nous travaillons à long terme . Nous sommes pénalisés par le moteur actuel mais compte tenu des accords Régie Renault-Motobécane cela devrait changer bientôt . Nous proposons différentes solutions . Actuellement nous en sommes au stade de la recherche et toutes ces études ne sont pas inutiles . La Benelli est une moto très lourde , à quoi cela tient-il ? Nous avons joué la sécurité pour ce prototype . Toutes les pièces sont surdimensionnées et en plus nous sommes passés au pesage du Bol avec tous les pleins . Nous nous sommes légèrement trompés dans le calcul de notre coque et celle-ci contient plus de 30 litres de carburant . C'est pourquoi malgré le poids important du moteur Benelli ( 95 kg ) nous sommes satisfaits du résultat . Peut-on parler chiffres ? Puisqu'il s'agit d'une opération clés en mains peux-tu chiffrer le budget ? Le budget global de l'opération est important . Cela revient environ à 90 millions à Motobécane . Notre part est plus réduite , mais compte tenu des solutions employées , de la main-d'oeuvre , de la sous-traitance et des frais inhérents à une entreprise , nous parvenons tout juste à boucler . Heureusement les travaux effectués pour la Régie Renault permettent de combler le manque à gagner .

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Informations tirées de Moto Revue N° 2339 du 10 novembre 1977 . Par Christian Bourgeois .
L'article sur Les dessous de la Benelli par J.C.B