La sortie , c'est par là ! La sortie , c'est par là !

Essai de la But

" Une idée merveilleuse , mais pas une véritable moto de course "

La But est longue : on s'y allonge de tout son long , elle est basse : on prend des angles à s'en râper les bottes jusqu'aux orteils . " Une idée merveilleuse , mais pas une véritable moto de course " . C'est par cette phrase qu'Hervé Guilleux , dernier pilote en titre de la But , définit " l'enfant chérie " d'Eric Offenstadt . Moto controversée , elle rejoint aujourd'hui le musée . Avant de tourner la page sur elle , nous faisons le bilan de sa carrière à travers un dernier essai . Si l'on se place du seul point de vue des résultats bruts , la carrière de la But est assurément décevante . Hormis la miraculeuse quatrième place décrochée en 350 par Hervé Guilleux lors du Grand Prix de France 79 au Mans , on n'enregistre en effet rien qui puisse faire crier au miracle dans son maigre palmarès . En ne tenant compte maintenant que de l'évolution technique , la vision des choses est bien différente . La But fait indiscutablement partie de ces rares machines qui , ne craignant pas de bouleverser les idées reçues , ont permis , et permettront , à la technique moto de véritablement progresser . Ne serait-ce qu'à ce seul titre , je serais personnellement enclin à considérer le bilan de sa carrière comme positif , même si celle-ci fut plus discutable à d'autres niveaux . A travers ses différentes versions , la But s'est présentée comme un véritable laboratoire ambulant . Regorgeant d'idées , il n'est pratiquement pas un point sur lequel elle n'ait pas tenté d'innover ou du moins d'amener des solutions originales . Mais revers de la médaille , en tant que moto de recherche pure , elle ne s'est jamais vue entourée d'une structure suffisamment rigoureuse , homogène et organisée pour se présenter comme une machine capable de gagner des courses . A vouloir trop en faire , on fait trop souvent tout à moitié . Une latitude que la course moderne au plus haut niveau ne laisse à personne , même pas à ce bon Pépé . C'est à peu près ce qu'Hervé Guilleux a résumé par les quelques mots que je vous ai servis en entrée . Cela étant dit , si la But a fait couler tellement d'encre et s'est trouvée ... en but à d'aussi virulentes critiques , c'est assurément moins en fonction de sa valeur technique intrinsèque ou de ses résultats que de la personnalité de son concepteur et précepteur .

Sacré Pépé !

Hervé Guilleux entre les deux versions de la But . A gauche la trois et demi , à droite la deux et demie . Généreux et talentueux , Hervé a fait connaitre à la But ses heures les plus glorieuses . Pépé , c'est le surnom que l'on donne à Eric Offenstadt . Pas tant à cause de son grand âge ( il doit tout de même aller sur ses 40 balais , maintenant ! ) qu'à cause de sa langue bien pendue . Lorsque , ses bacchantes d'aristo en alerte , ses lorgnons sur le bout du nez , il vous entreprend pour la énième fois sur le bien fondé de la suspension avant à roue tirée ou sur les carences de l'industrie Française , on ne peut que lui dire " t'as raison, Pépé ! " . Les débuts d'Eric Offenstadt en compétition se font sur deux roues au début des années 60 . Des Aermacchi aux Norton , il pilote un peu toutes les bécanes de l'époque , pour finalement passer sur 4 roues en 1964 . C'est d'abord la Formule 3 avec Alpine et Lola puis la Formule 2 où il se retrouve successivement pilote d'usine pour Matra , Lotus , Protos et Pygmée . L'expérience auto se terminant en queue de poisson , il repasse à la moto en 70 pour rejoindre Christian Ravel dans l'écurie Baranne , au guidon d'une Kawasaki H1R . Il entreprend aussitôt de matérialiser ses idées : montage de freins à disques , positionnement du réservoir d'essence sous le moteur , construction d'un châssis monocoque , de roues en alliage léger , etc . Il réalise ensuite un cadre poutre en alliage coulé avec lequel Palomo va s'illustrer en 75 et met enfin la main à la pâte de ce qui deviendra plus tard la But .

Ces chères idées

A part sa suspension avant , l'autre particularité de la But réside dans son architecture générale . L'humour étant , on le sait , l'une des vertus les moins bien partagées , et Eric n'ayant pas l'habitude de macher ses mots , il est certain qu'il est loin de ne compter que des amis dans le milieu de la moto . Il semble que ce soit essentiellement le généreux soutien financier qui lui a été accordé par But qui cristallise la rancoeur de ses détracteurs . En se montrant incapable , disent-ils , de renvoyer correctement l'ascenceur à son sponsor , Offenstadt a desservi l'image de la moto et a fait se détourner de ce support d'autres éventuels financiers . Des propos sans fondements réels puisque rien ne prouve par exemple que si Offenstadt ne s'était pas octroyé l'aide de But , quelqu'un d'autre en aurait profité . Des propos empreints aussi à l'évidence d'une certaine jalousie , mais qui pourtant sont assez compréhensibles . Même si c'est en l'occurrence de la vision à court terme , le but de la course , c'est de gagner . De nombreux pilotes , à tort ou à raison , là n'est pas la question , ont le sentiment qu'il ne leur manque que de l'argent pour pouvoir s'imposer ! Comment donc pourraient-ils voir d'un bon oeil un Offenstadt recevoir des sommes aussi importantes pour faire des résultats aussi décevants ? C'est certainement là , la principale critique que l'on peut adresser à Pépé ; ne pas avoir compris que sa crédibilité et sa reconnaissance passaient avant tout par des résultats . Afin d'obtenir la meilleure motricité possible , Offenstadt s'est attaché à reporter le plus de poids possible en arrière . On vous pardonne beaucoup de choses lorsque vous êtes sur un podium , pas vrai ? Mais emporté par son enthousiasme et sa mégalo , Eric n'avait qu'une idée en tête : faire courir une moto entièrement Française . Au lieu de sérier les problèmes , il s'est donc essoufflé à vouloir faire marcher en même temps moteur et partie-cycle . C'est un peu tard et uniquement contraint par sa situation financière qu'il se résoudra à monter un moteur Yamaha sur sa moto . Comme par hasard c'est à ce moment là qu'elle obtiendra son meilleur résultat . Et s'il avait commencé par là ? ... Malgré tous les reproches qu'on peut lui adresser , il n'en reste pas moins qu'Eric Offenstadt est un grand bonhomme . L'un de ces chercheurs de génie , suffisamment confiant dans leurs idées pour prendre tous les risques et même ... se casser la gueule . Le vrai progrès , n'arrivant par personne d'autre , ce n'est pas le moindre des paradoxes que de constater que ce sont souvent leurs plus farouches adversaires qui sont les premiers à tirer tranquillement les marrons du feu le moment venu . Le courage ça ne s'invente pas , et indiscutablement , Pépé en a !

Des trouvailles en pagaille

La grande originalité de la But , c'est son train avant . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . La grande originalité de la But , c'est son train avant . Cliquez sur l'image pour l'agrandir . Voyons comment s'est déroulée l'histoire de la But . Une But qui au départ d'ailleurs ne s'appelait pas But mais HO . Le O était bien entendu pour Offenstadt et le H pour Houzé , nom du financier de l'opération . Synthèse de solutions nouvelles tous azimuts , l'engin fut présenté au public au Salon de la Voiture et de la Moto de Course en février 77 . Même si la suspension avant à roue tirée , amortisseur unique et système anti-plongée , avait déjà été utilisée par Eric sur la SMAC 375 au Bol d'Or 76 , même si le cadre poutre en alliage coulé était du type de celui confié deux ans auparavant à Palomo , la HO intriguait . Et d'abord par son moteur maison : un bicylindre deux temps à refroidissement liquide proposé en deux versions , 350 et 500 cc , empruntant une transmission de Yam RD 400 et surtout doté d'une alimentation révolutionnaire à deux carburateurs ( un devant , un derrière ) et 10 trous par cylindre ( double admission , 7 transferts ) . Dispositif original sensé offrir les avantages du distributeur rotatif sans en avoir les inconvénients . On notait encore une suspension arrière à flexibilité variable , une chaîne secondaire en deux parties avec un pignon relais au niveau de l'axe de bras oscillant destiné à annuler les réactions à l'accélération et à la décélération , un système de freinage intégral au pied , etc . Tous ces éléments furent d'ailleurs rapidement abandonnés , la mise au point de la moto s'avérant suffisamment ardue sans eux .

Dur à atteindre , ... le but

Manquant de rigidité , le bras en magnésium coulé a été remplacé par un classique élément en tube d'acier rond . Ce sont les frères Chevallier , Alain et Olivier , qui furent dans un premier temps chargés du développement du zombie . Mais ne disposant que de peu de temps , ils ne firent rien de concret la première année . Cela n'empêchait pas Pépé de continuer à cogiter et , en février 78 , il présentait une nouvelle version de sa moto , portant pour la première fois les couleurs d'une chaîne de grands magasins d'électroménager : But . Principales améliorations : un châssis-coque en tôle d'alu soudée , des fonderies en magnésium pour la fourche avant , le bras oscillant et le moteur , celui-ci recevant par ailleurs un nouvel embiellage , une nouvelle boîte , etc . Prix de revient avoué de ce bijou , à l'époque : près de 24 briques , ce qui correspondrait à environ 33 aujourd'hui , compte tenu de l'inflation . Pas rien ! Si c'est Victor Palomo qui donne le baptême de la piste à la moto au GP d'Espagne 78 , c'est Jean-Claude Hogrel qui la pilote par la suite . Une première saison catastrophique puisqu'en proie à de gros problèmes de mise au point et notamment à des serrages chroniques , la But ne parvient que rarement à se qualifier . Chez But on fait un peu la tronche , mais on accepte finalement de rallonger la sauce pour 79 sur la proposition d'Eric . Bénéficiant d'un nouveau moteur avec une alimentation moins délicate non plus à 4 mais à 2 carburateurs plus clapets , ainsi que d'un joli petit budget , les frères Chevallier sont à nouveau pressentis pour faire courir la 350 . Eric ne s'occupe que de la 500 qu'il confie à Philippe Roussel . Une machine qui , même mise au point , devrait avoir bien du mal avec son bicylindre , à faire jeu égal avec le lot des 4 pattes d'usine . Découragés , ne parvenant à qualifier la moto qu'au GP d'Espagne , les Chevallier Brothers estiment qu'ils ont assez perdu d'énergie avec cette trapanelle . A la mi-saison ils jettent l'éponge . Défenseur des causes perdues , c'est le talentueux Hervé Guilleux qui hérite du guidon de la 350 pour le GP de France . Une But qui pour la circonstance a troqué son moteur HO contre un classique Yamaha TZ . La suite on la connait ; au terme d'une course de toute beauté , Hervé amène la moto à la quatrième place , devant Kork Ballington lui-même . Bien qu'un peu éclipsé par la victoire de Patrick Fernandez , la performance n'en ravive pas moins la foi de toute l'équipe , et notamment celle des gens de chez But qui consentent à redonner quelque argent pour 80 . 15 briques , ça n'est pas le Pérou , mais ça permet de voir venir . Hélas , quand on s'appelle Pépé on ne se refait pas et n'ayant pas compris ou ne voulant pas comprendre la leçon , Eric , plutôt que de fignoler sa partie-cycle et de trouver un bon Yam , passe l'hiver à travailler sur le moteur HO . La saison venue , la But continuera donc à souffrir de problèmes de mise au point , d'un moteur quelconque et de pièces fatiguées . Il est vrai que créateur ça n'a jamais voulu dire metteur au point ou team-manager !

Pourquoi es-tu si longue , mon enfant ?

Le moteur est un Yamaha TZ 250 ou 350 . Que retenir de la But au terme de sa carrière ? On tire un trait sur le moteur HO qui malgré quelques promesses au banc ne s'est jamais montré en mesure de rivaliser avec la concurrence . On retient par contre la partie-cycle pour examen plus approfondi . On s'intéresse bien sur à la suspension avant , mais l'architecture générale de la moto mérite qu'on s'y arrête . Le châssis-coque est intéressant au niveau du poids puisqu'il intègre le réservoir d'essence et permet de suspendre facilement le moteur en se dispensant de cadre . De fait à moteur identique , la But est d'une quinzaine de kilos plus légère qu'une Yam TZ standard ( environ 105 kg contre 115 en ordre de marche ) . Mais ce qui est le plus intéressant , c'est sa géométrie . Si la But est si basse et si longue ce n'est certainement pas par hasard . La répartition des masses a été particulièrement soignée . Pour Offenstadt , l'un des gros problèmes des motos de course modernes étant la motricité , il s'est employé à reporter le plus de poids possible vers l'arrière . Le réservoir d'essence est reculé au maximum et le moteur est monté à ras de la roue . Pour ne pas avoir trop de délestage à l'accélération , la roue antérieure et donc la fourche ont simplement été rejetées loin en avant ; l'empattement de la But est de 6 cm supérieur à celui d'une TZ . Corollaire , le pilote est assis en avant de la roue arrière , très bas, et pile dans l'axe de poussée . Il reste que l'élément le plus original de cette partie-cycle est constitué par sa suspension avant . Un système dont les fonctions sont les suivantes . D'abord éviter que la distance entre le centre de gravité et le point de contact au sol de la roue avant ne change avec les différentes attitudes . Par contre permettre une variation de la chasse en fonction du déport du té ; maximum en pleine accélération , elle favorise la stabilité , minimum au freinage , elle confère une bonne maniabilité en entrée de courbe . Par rapport à une fourche classique le guidage et le rendement de la suspension proprement dite sont meilleurs puisque les frottements des tubes dans les fourreaux n'existent plus . Le fait que la roue soit tirée est assez surprenant , mais pour Eric c'est un système plus stable que celui à roue poussée et qui , de plus , fatigue moins les matériaux . Autre avantage du dispositif : la flexibilité variable . Le combiné amortisseur unique est actionné par le triangle inférieur , et suivant l'angle que fait celui-ci avec les biellettes qui lui transmettent le mouvement de la roue , le ressort reçoit un couple plus ou moins important . En charge , au freinage par exemple , l'angle est droit et le couple maxi ; la suspension est dure . Inversement lorsque l'accélération déleste la roue , la suspension est souple . Dernière caractéristique : le système anti-plongée , destiné à empêcher la moto de trop piquer du nez au freinage . Contrairement à ceux des autres machines à suspension avant triangulée ( Elf E , Pif , Dj ), celui de la But n'utilise pas la géométrie naturelle de cette suspension , à savoir la position relative des triangles superposés , mais la réaction de l'étrier sur le disque . Retransmise par une biellette , cette force assiste le ressort dans la phase de freinage .Toujours par rapport à ces machines , on note enfin que la direction ne se fait pas par renvoi , mais classiquement par le montage direct des bracelets sur la fourche .

La mangeuse d'angle

Jean-Lou Colin au commande de la bête . Sur le papier , tout cela est intéressant , mais sur le terrain qu'est-ce que ça donne ? Il n'y a qu'une manière de le savoir : se mettre en piste . C'est sur un circuit qui leur convient particulièrement bien , à savoir Nogaro que nous avons rendez-vous avec la But et son pilote , Hervé Guilleux . Hervé ayant toute la saison dernière délaissé le moteur HO pour le Yam TZ , nous disposons des deux versions de celui-ci : 250 cc et 350 cc . En théorie puisque cette dernière cassant un support moteur dès le tour de chauffe , je n'aurais que la deux et demi à me mettre sous la dent . Dommage car , avec une puissance nettement inférieure , il sera naturellement beaucoup plus aléatoire d'apprécier la motricité de la machine . De même la moto étant conçue pour recevoir un gros pneu arrière ( à défaut d'un pneu spécial , la 350 reçoit une enveloppe de 500 ) , celui-ci ne peut équiper la 250 qui aurait trop de mal à l'emmener . Le comportement de la machine s'en trouve certainement quelque peu altéré . Pour équiper la But , le moteur Yam est légèrement modifié . Par souci d'économie il reçoit d'abord les pièces dont l'équipe dispose en stock : carters HO , vilebrequin Hoeckle , etc . Ensuite , étant très reculé dans le chassis , il nécessite des pots de détente spéciaux . Le 350 reçoit de plus des carburateurs Gurtner en magnésium de diamètre 38 mm . Malgré cela , le TZ garde le même tempérament . Nous avons eu l'occasion de l'évoquer de nombreuses fois et nous ne reviendrons donc pas dessus aujourd'hui . Ce qui nous intéresse c'est le comportement de cette fameuse partie-cycle . Il s'agit de la version présentée début 78 sur laquelle on note seulement que le bras oscillant avant n'est plus tubulaire , mais consituté d'un caisson en tôle , et que son homologue arrière est lui en tube rond et non plus coulé en magnésium . Premier contact . La But est extrêmement basse . En selle on pose les pieds à plat par terre , genoux encore bien pliés . Il faut également s'allonger de tout son long sur la coque d'alu pour aller agripper les bracelets . Ceux-ci sont très resserrés et cassent un peu les poignets mais il est hors de question de les ouvrir . On ne les atteindrait plus . A part cela , la prise en main de la moto ne pose aucun problème particulier . Son comportement semble sain et pas du tout déroutant . On prend donc très vite confiance . Un centre de gravité placé très bas , un poids relativement faible ; la But possède des armes maitresses dans la chasse à l'angle . Et de l'angle , croyez-moi , malgré le petit pneu arrière de notre moto d'essai , qui restreint un peu la garde au sol et offre une moins bonne adhérence , elle en prend , et d'impressionnants . Il suffit de regarder les photos d'Hervé en course ! On n'enregistre pas de dribblage de la roue avant et même si les inégalités sont ressenties un peu sèchement , ces réactions ne sont jamais de nature à modifier la trajectoire . L'engin se manie sans effort , mais ce n'est pas une moto très vive . Son long empattement la rend même un peu indolente dans les enchaînements serrés . En contrepartie , elle a très bon caractère et accepte sans rechigner d'être brusquée . Une seule précaution à prendre : ne pas freiner brusquement sur l'angle . L'anti-plongée a alors tendance à relever assez sensiblement la moto et la trajectoire s'en trouve élargie , à un moment où l'on ne le souhaite pas particulièrement . Sinon , en phase de freinage conventionnel , cet anti-plongée se montre tout à fait efficace . La moto freine à plat et profitant de la très faible variation d'assiette , elle rentre très fort dans le virage . Cette phase freinage-entrée en courbe est assurément le gros point fort de la But . C'est d'ailleurs celui des autres machines à suspension triangulée . Laquelle est la plus satisfaisante nous essayerons peut-être de le déterminer une prochaine fois , mais ce qui est sûr , c'est que les jours de cette bonne vieille fourche télescopique étant maintenant comptés , le système de la But figure en bonne place au catalogue des éventuelles solutions de rechange .

Le moteur HO

Le dessein d'Eric Offenstadt a toujours été de faire courir une moto entièrement Française . II ne s'est donc pas seulement attaché à créer une partie-cycle , mais a aussi , tâche ardue s'il en est , tenu à réaliser son propre moteur . Assez sensiblement inspiré du Yamaha TZ , ce moulin est , dans un premier temps , présenté en deux versions 350 et 500 . Avec des cotes de 64 x 54 identiques à celles du TZ 350 , la première a une cylindrée exacte de 347 cc . Quant à celle de la seconde , elle s'établit à 498 cc . L'architecture est classique : bicylindre deux temps face à la piste , refroidi par eau . De nombreuses pièces sont d'origine Yamaha , telles que boîte de vitesses , embrayage , pompe à eau et même vilebrequin pour la trois et demie ( celui de la 500 est d'origine Kawasaki ) . Les cylindres sont de fabrication maison . Traités au Nickasil , ils reçoivent des pistons Mahle à un seul segment . Ceci dit , l'aspect le plus intéressant de ce moteur est son système d'alimentation à deux carburateurs par cylindre . Alimenté par un Gurtner magnésium de 30 mm pour la 350 et 32 mm pour la 500 , l'admission arrière se fait classiquement par la jupe du piston . Mais à l'avant , un autre élément de 26 mm pour la 350 et 28 mm pour la 500 , alimente une lumière supplémentaire en bénéficiant d'un dispositif anti-refoulement . Avantage de la chose : adopter un diagramme de distribution assez fermé , tout en continuant à admettre une quantité suffisante de gaz frais . On gagne ainsi substantiellement en souplesse et élasticité sans rien perdre en puissance brute , bien au contraire . Les premiers essais au banc sont encourageants , mais dans la pratique , la mise au point de ces moulins se révèle être un véritable casse-tête . Offenstadt abandonne donc les 4 carbus , du moins sur le 350 . II conserve par contre la double admission , mais l'alimentation ne se faisant plus qu'avec un seul carburateur par cylindre , celle de la lumière supplémentaire s'opère grâce à un clapet régulateur . La souplesse est aussi bonne qu'avec les 4 carbus , mais les réglages sont nettement moins compliqués . Malgré celà , le HO continue à souffrir d'ennuis de mise au point et de fiabilité , ce qui contraint l'équipe à adopter un classique moteur Yamaha au cours de la saison 79 . Cela n'empêche pas Eric de persister à travailler sur son moteur et notamment sur la version longue course ( 59 mm x 63 mm ) de son 350 , réalisée début 79 .

Fiche technique But ( version 80 )

Moteur Type : Yamaha TZ , bicylindre deux temps à refroidissement liquide
Cylindrée : 347 cm3 ( 247 cm3 )
Alésage x course : 64 x 54 mm ( 54 x 54 mm )
Taux de compression : 7,5 à 1 ( 7,8 à 1)
Puissance maxi : 58 ch ( 46 ch ) à 1000 tr/mn
Couple maxi : 4,9 mkg à 9500 tr/mn ( 3,29 mkg à 10000 tr/mn )
Alimentation : 2 carburateurs Gurtner en magnésium de diamètre 38 mm ( 2 Mikuni de diamètre 34 mm )
Lubrification : par mélange à 7 %
Allumage : électronique
Embrayage : multidisque à sec
Boîte : à 6 rapports
Mise en route : poussette

Partie-cycle
Cadre : châssis monocoque en tôle d'alu pliée et soudée , moteur suspendu
Suspension avant : système triangulé à roue tirée et flexibilité variable . Combiné ressort-amortisseur unique De Carbon avec hydraulique réglable . Fourche rigide en magnésium bras oscillant en caisson d'alu , système anti-plongée
Suspension arrière : bras oscillant en tube d'acier rond monté sur excentrique , deux combinés ressort-amortisseur De Carbon réglables en hydraulique montés inclinés avec 3 positions d'ancrage supérieur
Freins Avant : deux disques alu Zanzani de diamètre 260 mm , étriers Brembo
Roues Jantes : EMC - SMAC en magnésium
Pneu avant : Michelin SV12 10/64-18
Pneu arrière : Michelin 4.30/6.30-18 ( 3,75/500-18 )

Dimensions principales
Empattement : 1380 mm
Poids en ordre de marche sans essence : 105 kg ( 101 kg )
Réservoir d'essence : 23 litres ( fait partie intégrante de la coque )
Vitesse : Environ 249 km/h ( 225 km/h )

Note : caractéristiques de la version 350 cm3 . Entre parenthèses , celles de la version 250 cm3 .

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Informations tirées de Moto Revue . Par Jean-Lou Colin . Photos Ph. Michel