La sortie , c'est par là ! La sortie , c'est par là !

BMW-Futuro

Tous les secrets de la BMW-Futuro !

La boîte noire en haut du cylindre droit c'est la chambre de tranquillisation du carbu logé dans la pyramide du cadre . Futuro : l'un ou l'autre . Même si les moteurs ont fait des progrès , la conception générale de la moto n'a guère évolué en 30 ans . C'est une évidence en 1980 et tous les constructeurs s'interrogent sur la physionomie de la moto de demain . BMW , après le projet Module , présente aujourd'hui la Futuro dévoilée au Salon de Cologne . Ce projet qui concerne les années 1983-85 est à prendre avec prudence . Est-ce en effet un gigantesque coup de pub pour relancer des ventes qui s'affaiblissent , ou bien au contraire le véritable point de départ d'une moto Européenne intelligente , c'est-à-dire où , pour une fois , les performances , le plaisir de conduire , la facilité d'usage , et la sécurité seraient enfin réunis ?

" b + b " : la moto aussi

Ces photos démontrent que la Futuro est actuellement une maquette . BMW moto a failli mourir en février 1978 . Lorsque le conseil d'administration et le directoire de BMW se sont mis d'accord sur la mauvaise rentabilité du département moto face à celui de l'automobile . Tout aussitôt cette perspective de faillite souleva un tollé de protestations : BMW pionnier de la moto en Europe ne devait pas mourir . Exactement comme Triumph qui de l'autre côté de la Manche s'évertuait à justifier une autogestion sous forme de coopérative . Karl J.Wirnmer fut le porte-paroles de ceux qui ne voulaient pas voir le flat-twin de Max Fritz disparaître . C'est lui qui fit admettre le lancement d'une étude à partir de la BMW 100 RS confiée à la Société de Francfort " b + b " . Parallèlement à cette recherche , le styliste Hans A.Muth étudiait le projet Module , une moto à la fois composite et évolutive qui pouvait se transformer selon les goûts et les besoins de son propriétaire et qui apparaissait pour ne jamais revenir dès le Salon de Cologne 1978 . Son expérience n'a pas été totalement vaine puisque à partir de la BMW Module d'une part et de la BMW R 80 d'autre part , on extrapolait un nouveau type de moto , la GS 80 , le trail de grosse cylindrée par excellence susceptible de permettre le tourisme en duo en dehors du réseau routier traditionnel mais aussi de gagner une course aussi extraordinaire que le Paris-Dakar . Pour en revenir au projet confié à la société " b et b ", des frères Reiner et Dieter Buchmann , spécialisés dans le Design automobile , depuis Porsche jusqu'aux Volkswagen Golf en passant par Mercedes , il faut savoir que le cahier des charges imposées par BMW est sévère . La Futuro doit être une machine nouvelle tout en restant une BMW d'aujourd'hui . C'est paradoxal ! Le moteur doit être un classique BMW , c'est-à-dire qu'il ne peut s'agir que d'un flat-twin mais assujetti à une double exigence de consommation et de performances !

Un flat-twin et rien d'autre

Ces photos démontrent que la Futuro est actuellement une maquette . Il n'était pas question ici d'utiliser par exemple un moteur à distributeur rotatif , façon Wankel , pas plus qu'un 6 cylindres qu'il soit en ligne ou face à la route . Tradition oblige . Dans ces conditions quelque peu limitées de création , on s'attendait à voir opérer un spécialiste de l'amélioration des moteurs BMW comme Krauser qui transforme les culasses des 100 RS par des culasses à quatre soupapes . En fait , le contrat fut signé avec le préparateur Martin Probst qui se proposa d'étudier un turbo-compresseur pour le BMW R 80 de 797 cm3 de cylindrée . Pourquoi pas en effet ? Le turbo permet de disposer de deux moteurs en un , associant à la fois , selon la demande du conducteur , une faible consommation et une surpuissance certaine : 75 chevaux en l'occurence avec un couple important dès 2500/3000 tours/minute puisque grosso modo le quart de la puissance est disponible dès ce régime . Ces photos démontrent que la Futuro est actuellement une maquette . La conception du moteur est bien entendu , celle du boxer Munichois avec une transmission par cardan à double joint homocynétique avec toujours la boîte à cinq rapports . Toujours en ce qui concerne le moteur , les côtes de base de la R 80 ( courses et alésage sont conservés : 70,6 x 84,8 mm ) mais la puissance grâce à l'injection et au turbo-compresseur fait un bond en avant spectaculaire . Elle passe en effet de 50/55 chevaux à 75 chevaux à 7250 tours/minute . Exactement le même régime que pour le modèle de base . Le système d'alimentation par injection est dû à Bosch . C'est le fameux L-Jetronic qui équipe entre autre une certaine Kawasaki 1100 B qui succède elle-même à la 1000 H . Le turbo , quant à lui est un KKK ( Kühnle , Kopp et Kausch ) , un constructeur qui s'est rendu célèbre en suralimentant avec succès les Porsche 935/936 et aussi la fameuse 930 . L'injection dans les cylindres et la pression du Turbo ( 0,65/0,45 bar entre 3500 et 7250 tours/minute ) sont réglés par un mini-ordinateur . Toujours en ce qui concerne le groupe motopropulseur et outre l'allumage électronique signalons l'alternateur de 360 watts . Le moteur de la Futuro bénéficie naturellement des derniers perfectionnements de la gamme BMW, à savoir un embrayage allégé et des cylindres chromés dur et non plus chemisés , traités au Nikasil .

Le soutien du moteur

La BMW Futuro est l'oeuvre des frères Buchmann . C'est ce même moteur qui fait partie intégrante du cadre sous forme d'une sorte de pyramide en alliage d'aluminium appuyée sur ses carters pour servir d'une part de fixation à la colonne de direction et d'autre part , à l'ancrage de l'amortisseur central de la suspension arrière du type cantilever . Le bras oscillant triangulaire qui constitue la partie arrière du cadre s'articule lui aussi sur le carter moteur , au niveau de la sortie de boîte de vitesses mais le cardan est extérieur et non plus inclus dans le bras de fourche arrière comme sur les modèles de série . Toujours au chapitre des suspensions , il faut remarquer une adaptation de la fourche télescopique des R 65 ( nouveau modèle ) étonnamment classique ici et surtout très limité en débattement si l'on en juge les épures de direction . Le système de freinage est confié à des étriers double pistons de marque Brembo . Comme sur les Guzzi , il est du type intégral : c'est-à-dire que la commande au pied droit contrôle un disque avant et le disque arrière tandis que le levier de frein à main droite actionne le second disque avant . Les roues de leur côté sont tout à fait insolites puisque constituées par des jantes à voile plein en alu chaussées de pneus Michelin : avant 3,50 x 18 S 41 PZ 10 et à l'arrière 14/70 TV 10 . Si la longueur de la Futuro de 2288 mm est tout à fait dans les normes habituelles de même que son empattement 1550 mm , sa largeur de 670 mm est beaucoup plus intéressante tandis que sa garde au sol ( 155 mm ) et surtout sa hauteur de selle 744 mm la rendent remarquablement compacte . La R 100 RS pour sa part est un peu moins longue 2130 mm , plus large 746 mm , et surtout sa hauteur de selle est beaucoup plus importante ( 820 mm ) . Signalons enfin qu'elle pèse 210 kg à sec contre 180 kg pour la Futuro . Toujours au sujet des dimensions et des capacités on peut constater que le réservoir de la Futuro fait 25 litres de capacité ( 24 l sur une BMW classique ).

Bienvenue à bord

Ces photos démontrent que la Futuro est actuellement une maquette . Le carénage de la Futuro ou plutôt sa carrosserie sont réalisés en kevlar ( plastique ultra-léger ) mais aussi très résistant , malheureusement très coûteux . Dans cette carrosserie sont inclus le phare à iode H4 de 155 mm de diamètre , les accoudoirs-genouillères d'un seul jet et la selle-dosseret avec sacoche intégrée . Le tableau de bord à lui seul est un véritable monument : un micro ordinateur permet l'affichage digital de la vitesse de la moto , du régime moteur , de l'heure , du rapport engagé , de la température d'huile , de sa pression et de la charge de la batterie . On dispose aussi de la consommation d'essence pour 100 km , de la moyenne depuis le départ , et de la distance à parcourir jusqu'au prochain ravitaillement d'essence . Par ailleurs , une radio Blaupunkt Delta avec synthétiseur et recherche automatique des stations est installée dans le cockpit . Une prise pour les écouteurs dans le casque est prévue à l'extrémité du réservoir d'essence . " Nous n'avons pas hésité à utiliser les matériaux les plus coûteux et les plus élaborés depuis le titane jusqu'au kevlar pour notre Futuro " affirme son créateur Buchmann " pour obtenir les meilleurs résultats le plus rapidement possible , parce qu'il faut faire vite pour contrer les Japonais . C'est à ce prix que nous avons construit une moto intelligente mais sans prétention " . L'autre aspect de la Futuro et non des moindres , est la protection qu'elle offre en cas d'accident . Comme toutes les BMW , les cylindres protègent les extrémités inférieures des jambes en cas de chutes sur le côté , mais aussi et c'est là la nouveauté , grâce au tablier constitué par les flancs du carénage à l'arrière des cylindres elle protège le pilote en cas de choc frontal . Par ailleurs , la position du pilote sur la Futuro tend à le faire rester à l'intérieur du carénage , toujours en cas de choc frontal . C'est donc la carrosserie de la moto qui encaisse au maximum l'impact , amortissant du même coup , celui qui revient , si l'on peut dire , au pilote de la moto . La question est de savoir maintenant si la BMW Futuro risque d'être construite un jour en série ? Parce qu'il subsiste un doute , celui de voir la Futuro rejoindre le Module au musée des Chimères . Reiner Buchmann nous rassure sur cette éventualité : " la construction de la Futuro a été entreprise dès l'été 1979 , les roues et le matériel sous-traité nous arriveront dès le printemps 1981 . Le reste alors ne saura tarder !" Affaire à suivre .

Le Module déjà ...

La première étude de BMW . Le module de Hans A.Muth , présentée au Salon de Cologne 78 . Par opposition à la Futuro , la première étude BMW dite " Module " concernait plus l'usage de la moto que la moto elle-même . C'était une idée de la moto à usage multiple . Elle se proposait en effet d'adapter exactement une moto aux besoins de la clientèle . A partir d'une base commune , on pouvait ainsi concevoir une version tout-terrain , ou tourisme , ou sport et même utilitaire . La base mécanique étant constituée par un cadre monocoque en alliage léger porteur d'un moteur vertical compact bicylindre 4 temps avec un vilebrequin horizontal disposé longitudinalement par rapport à l'axe de la moto . Les systèmes d'admission et d'échappement faisaient partie intégrante du cadre . La cylindrée du moteur devait être comprise entre 300 et 500 cm3 . Un mini-ordinateur se proposait de contrôler à la fois l'allumage , l'injection et le réglage électromagnétique continu de la levée des trois soupapes dont était équipé chaque cylindre . La transmission était soit une boîte cinq rapports soit un convertisseur de couple . Côté partie-cycle l'amortisseur AR est unique c'est le " Monolever " des GS 80 actuelles . Poids 150 kg maxi . En 1978 , le Module devait rouler dans cinq ans ... Savez-vous que Motobécane avait aussi imaginé un module ! C'était le projet ( A ) . Il définissait un ensemble de composants communs appliqués à toute une gamme . Quatre versions étaient issues d'un module de base , l'une concernait l'armée , l'autre l'administration , la troisième était dite utilitaire tandis que la quatrième était destinée au tout-terrain . De cette conception très standardisée de la moto pouvait découler un service après-vente de premier ordre . Les motos " A " étaient prévues avec trois cylindrées extrapolées d'un moteur de 350 cm3 ( une petite 240 et une grosse 500 ) . Le moteur aurait été un mono 4 temps à ACT et la boite de vitesses aurait comporté soit cinq rapports soit trois vitesses semi-automatiques . Le cahier des charges prévoyait un poids d'environ 130 kg en ordre de marche , une autonomie d'environ 350 kilomètres minimum et un éclairage très puissant dès 1000 tr/mn . La partie-cycle comme le Module BMW comportait un moteur semi-porteur , une suspension a mono-bras à l'AR et à l'AV , des roues interchangeables exactement comme sur le projet de Hans A. Muth . Vraiment dommage que la Motobécane " A " soit restée dans les cartons à dessin ! Ils n'auraient peut-être pas été les premiers , à Pantin mais quel essor ils auraient donné à la moto bleu-blanc-rouge . Mais c'est du passé ...

Fiche technique BMW Futuro

Moteur
Moteur : 4 temps 2 cylindres
Alésage et course : 84,8 x 70,6 mm
Cylindrée : 785 cm3
Compression : 8,5 à 1
Puissance : 75 ch à 7250 tr/mn
Couple : non communiqué
Carburateurs : Injection " L-Jetronic " et Turbo " KKK "
Allumage : électronique bosch
Lubrification : carter humide
Mise en route : démarreur électrique

Transmissions
Transmission secondaire : cardan
Embrayage : monodisque à sec
Boîte de vitesses : 5 rapports

Partie-cycle
Cadre : coque alu - moteur porteur
Jantes : AV 2,50 x 18 . AR 3,50 x 18
Pneus : AV 3,50 x 18 . AR 14/70/18 TV 10
Freins : AV double disque à commande hydraulique . AR : simple disque à commande hydraulique . ( Freinage type intégral )
Suspensions : AV : fourche télescopique - amortisseurs hydrauliques . AR : type cantilever - amortisseur unique central

Dimensions
Longueur : 2288 mm
Largeur : 1670 mm
Empattement : 1500 mm
Garde au sol : 155 mm
Poids à sec : 180 kg

Capacités
Réservoir d'essence : 25 litres
Carter moteur : 5 litres

Performances constructeur
Vitesse maximum usine : 210 km/h

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Informations tirées de Moto Revue N° 2480 du 16 octobre 1980 . Par R. Verdelet . Photos P. Vann