Mais la source la plus sérieuse est bien le brevet " Bertoux ", lequel nous donne la preuve que le side-car est bien une invention française ; il a été recherché et retrouvé par notre ami Jean Bourdache qui nous l'a communiqué .
Le 28 septembre 1892 , le sieur Jean Bertoux , Chef-armurier au 46ème de Ligne de Fontainebleau , prend un brevet de quinze ans , sous numéro 224.598 , dont la description est la suivante :
" L'invention consiste à transformer par l'adaptation d'un appareil à une roue , toute bicyclette de n'importe quel modèle en un tricycle à deux personnes . sans faire subir à la machine aucun changement capable de modifier sa première destination ..."
L'écrou de la roue arrière de la bicyclette est rallongé d'une tige filetée sur laquelle se visse l'écrou de raccord de l'essieu A . La tringle C , fixée par une douille au montant de la selle de la bicyclette , passe par le tirant G et se visse dans l'essieu en D près de la roue . La liaison entre la bicyclette et le " side-car " est donc assurée en deux points de fixation seulement . La selle du passager , suspendue par ressorts à boudin , ainsi que le repose-pieds sont solidaires d'un support B fixé au milieu de l'essieu A . La selle peut , au gré de la personne que l'on promène , faire face en avant ou à l'arrière de la machine en inversant les colliers d'assemblage du support .
Mieux encore : le 8 août 1893 , J. Bertoux dépose un additif au brevet initial , permettant à la personne assise sur le siège supplémentaire de concourir à l'entraînement de la machine ! Un levier solidaire d'un secteur cranté actionne la roue du " side " par l'intermédiaire d'une roue à rochet entraînée dans le sens d'avancement , folle dans l'autre . Le tricycle Bertoux ainsi constitué est totalement différent des autres tricycles de l'époque , conçus comme tels avec la roue avant directrice placée dans l'axe des deux roues arrière motrices et munies d'un différentiel . Il est similaire au brevet anglais Graham du 29 avril 1903 ( cité dans le numéro 28 de la revue ), mais de dix ans son aîné !
Et l'invention en resta là faute d'un moteur pour traîner l'ensemble !
Michel Pernot |